• Une île

    J’inspire un bon coup et je tape son nom sur le clavier de mon téléphone.

    23 jours que je n’ai pas pris de nouvelles, une culpabilité grosse comme vingt-trois jours, on ne passe pas vingt trois jours sans prendre de nouvelles de son père. Peut-être.

     

    Ça sonne deux fois, trois fois, cinq fois, personne ne répond. Non seulement il me faut du courage pour l’appeler mais en plus elle ne me répond même pas cette vieille peau.

     

    ***

     

    En 1956, il y a une fille, une italienne de Narbonne qui s’appelle Anna. Elle, elle est amoureuse de Jean-Louis Fournier, le fils du pharmacien et Jean-Louis l’aime aussi. Mais c’est une fille pauvre, une pauvre fille, les parents de Jean-Louis ils lui disent même pas en rêve. Alors Jean-Louis qui est un bon garçon, il commence à fréquenter une autre fille, une que ses parents lui ont mise dans les pattes.

     

    En 1956, Brel chante Quand on a que l'Amour; Ferrat, Les Yeux d'Elsa.

     

    Anna elle est folle de rage, c’est une italienne, elle a la haine. Alors elle se jette au cou du premier venu, moi non plus je n’en ai rien à foutre de toi Jean-Louis regarde-moi ça. Le premier venu, c’était mon père, déjà mon père. Un peu là par hasard. Un peu qui a rien demandé. Un chien dans un jeu de quilles, mais un beau chien, un beau mec, il s’appelle Jacques et il est donc là à ce moment là.


  • Commentaires

    1
    C.
    Vendredi 1er Mars 2013 à 21:43
    De la culpabilité
    Ca m'arrive aussi ces 23 jours. Et quelques fois 23 de plus. Ma culpabilité, je la soigne à coups de "lui aussi, il les a laissés passer". Et ça s'en va.
    2
    Dimanche 3 Mars 2013 à 11:06
    J'aime
    C'est beau comme le début d'un livre...
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